Jun 27, 2016 | Post by: admin Comments Off on Diabète et Ramadan, oui mais…

Diabète et Ramadan, oui mais…

 

Le mois du Ramadan est lancé ! Les aînés comme les jeunes sont engagés dans cette période de jeûne de 29 à 30 jours. Cette année, du 27 mai au 26 juin, les musulmans de par le monde s’unissent dans cette pratique de leur religion.

Cependant, il faut souligner que si le jeûne durant le mois du Ramadan est un devoir, il s’adresse uniquement aux musulmans adultes en bonne santé. Le Coran stipule que certains peuvent en être exemptés, comme les enfants, les femmes enceintes ou qui allaitent, les personnes d’un âge avancé ou celles qui sont malades. Les principes religieux mettent l’accent sur le fait que le jeûne n’est pas fait pour engendrer une difficulté excessive pour le musulman.

Bien que chaque individu soit différent, les effets du jeûne sur chacun en général, diabétique ou non, sont conséquents. En effet, quand on jeûne, le taux de glucose qui circule dans le corps chute et le pancréas sécrète alors moins d’insuline. Si vous produisez déjà moins d’insuline que vous ne devriez, des périodes prolongées de privation peuvent engendrer une hyperglycémie.

Si l’hyperglycémie est l’un des risques majeurs associés au jeûne, il est loin d’être le seul. Hypoglycémie, acidocétose diabétique, déshydratation et thrombose figurent également sur la liste des complications qui peuvent être dues au jeûne.

Quoique le lien entre l’effet du jeûne durant le Ramadan et l’hypoglycémie chez les patients diabétiques ne soit pas encore démontré avec certitude, des études ont montré que les individus diabétiques ayant jeûné durant le Ramadan présentaient un taux plus important de complications sérieuses.

Si vous choisissez de jeûner, il est important de prendre certaines précautions afin d’assurer votre bien-être et d’éviter la survenue de complications.

Contrôles fréquents

Tout d’abord, il est conseillé de mesurer fréquemment votre glycémie capillaire. Malgré certaines idées reçues, la prise de glycémie ne cause pas l’interruption du jeûne.

Nutrition

Il est primordial de veiller à votre alimentation. Dans la plupart des cas, les problèmes de santé surviennent lorsqu’une alimentation non adaptée est combinée à un manque de sommeil. Traditionnellement, le repas qui suit le coucher du soleil, Iftaar, est riche en sucres rapides et en mauvaises graisses, ce qui n’est pas conseillé aux personnes souffrant de diabète. Il est préférable de manger des sucres lents «complexes» qui sont des aliments lents à digérer comme par exemple les rotis /puris/chapatis à base de farine complète,  ou le riz brun.

L’objectif est de parvenir à avoir l’apport journalier recommandé en vitamines et minéraux sur les 2 repas consommés. Il est donc conseillé de privilégier les aliments riches en fibres tels que les fruits et légumes ainsi que les aliments à base farine complète.

Il est également important de se maintenir bien hydraté durant la période de jeûne du Ramadan. Il est conseillé de consommer la plus grande quantité de liquides lors du repas avant le jeûne, Suhur.

Activité physique

Un autre facteur clé à considérer est la quantité d’activité physique que vous pratiquez par jour. Trop d’activité physique peut générer une hypoglycémie. C’est pourquoi les médecins recommandent aux diabétiques qui jeûnent de considérer les prières, qui incluent des cycles répétés durant lesquels on se tient debout, on s’agenouille et on se prosterne, comme faisant partie intégrante du programme d’exercice quotidien.

Evaluation et suivi médical

Enfin, il est crucial que la décision de jeûner soit prise après une discussion approfondie avec  son médecin sur les risques qu’elle implique. Les personnes atteintes de diabète doivent suivre un programme de gestion personnalisé et une surveillance étroite est primordiale pour réduire le risque de développer des complications.

Interruption du jeûne[1]

Il est essentiel que les personnes atteintes de diabète comprennent qu’elles doivent immédiatement interrompre le jeûne dans les cas suivants :

  • si la glycémie chute fortement, inférieure ou égale à 3,3 mmol/l
  • si la glycémie atteint 3,9 mmol/l pendant les premières heures suivant le début du jeûne, en particulier lors de la prise d’insuline, de sulfonylurées ou de méglitinides lors du repas du matin
  • si la glycémie augmente de façon excessive, au-delà de 16,5 mmol/l.

Jeûner durant le Ramadan est, bien entendu, une décision personnelle. C’est une décision, cependant, qui devrait être prise en considérant les conseils mentionnés plus haut et en évaluant attentivement les facteurs de risques.

[1] Source : International Diabetes Federation, « Gérer le diabète pendant le Ramadan » par Mahmoud Ashraf Ibrahim

 

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